3 poèmes sur le conte

Publié le par La classe de Frédéric SCHMITT

Poème 1 :     L’anti conte


Il y a longtemps, bien longtemps

Il y avait une bergère

Qui gardait ses moutons bêlants

Dans une clairière.

Les moutons étaient tout pelés

Et la bergère était affreuse

Laide, les cheveux mal peignés

Et paresseuse.

 

Le fils du roi vint à passer

C'était un parfait imbécile

Il n'était ni beau ni bien fait

Ni juvénile.

 

Et comme il était de surcroît

Myope comme une théière

Il passa sans voir le minois

De la bergère.

 

Laquelle à ce moment précis

Cherchait un pou dans son corsage

Ce qui fait qu'elle ne le vit

Pas davantage.

 

Le fils du roi obtint la main

D'une cousine abominable

Et la bergère épousa un

Garçon d'étable.

 

Et tout s'étant ainsi passé

Avec la plus saine logique

Sans le concours d'aucune fée

Au don magique.

 

Ils furent très malheureux

Et n'eurent pas un seul enfant

C'est ainsi qu'il faut raconter

Aux petits enfants les légendes

Si vous désirez éviter

Qu'ils vous en redemandent

 

                         Jacques Faizant

 

Poème 2 :                               Le petit chaperon malin

 

« Vous avez des yeux, Mère-Grand…

De mésange !

- C'est pour mieux voir voler les anges,

Mon enfant !

 

- Vous avez un nez, Mère-Grand…

En trompette !

- C'est pour mieux sentir quand tu pètes,

Mon enfant !

 

- Vous avez des joues, Mère-Grand…

Très poilues !

- C'est pour avoir un peu trop bu,

Mon enfant !

 

- Vous avez des pieds, Mère-Grand…

Allongés !

- C'est que j'ai beaucoup voyagé,

Mon enfant !

 

- Vous avez des bras, Mère-Grand…

De lutteur !

- C'est pour te serrer sur mon coeur,

Mon enfant !

 

- Vous avez un dos, Mère-Grand…

De chameau !

- C'est pour porter les gros fardeaux,

Mon enfant !

 

- Vous avez, Mère-Grand, l'oreille

Bien pointue

- C'est pour mieux entendre, vois-tu

Les abeilles !

 

- Vous avez la langue dehors,

Mère-Grand !

- C'est pour me rafraichir les dents

Quand je dors…

 

- Vous avez, vous avez…

- eh bien ?

- C'est fini !

Et je crois bien que j'ai tout dit

A demain !

 

- Mais tu n'as rien dit de mes dents

Ma cocotte !

- C'est que je ne suis pas idiote,

Mère-Grand !

 

                                                                          Pierre Gripari

 

Poème 3 : Le temps des contes


S'il était encore une fois

Nous partirions à l'aventure,

Moi, je serais Robin des Bois,

Et toi tu mettrais ton armure.

Nous irions sur nos alezans

Animaux de belle prestance,

Nous serions armés jusqu'aux dents

Parcourant les forêts immenses.

 

S'il était encore une fois

Vers le château des contes bleus

Je serais le beau-fils du roi,

Et toi tu cracherais le feu.

Nous irions trouver Blanche-Neige

Dormant dans son cercueil de verre,

Nous pourrions croiser le cortège

De Malbrough revenant de guerre.

 

S'il était encore une fois

Au balcon de Monsieur Perrault,

Nous irions voir Ma Mère l'Oye

Qui me prendrait pour un héros.

Et je dirais à ces gens-là :

Moi qui suis allé dans la lune,

Moi qui vois ce qu'on ne voit pas

Quand la télé le soir s'allume;

Je vous le dis, vos fées, vos bêtes,

Font encore rêver mes copains

Et mon grand-père le poète

Quand nous marchons main dans la main.


                                      Georges Jean

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